Aiko Miyawaki

Née à Tokyo en 1929, Aiko Miyawaki étudie d’abord l’histoire à la Japan Women’s University avant de se tourner vers l’art à Bunka Gakuin, auprès de Nobuya Abe et Yoshishige Saitō. Un séjour à Los Angeles en 1957 élargit ses horizons, puis Milan l’accueille en 1959. Au contact des milieux de Fontana, Manzoni et Castellani, elle s’éloigne de la peinture de chevalet : peu à peu, la matière picturale fait place aux métaux, au verre et à la pierre, et sa recherche se concentre sur la lumière, la vibration et l’espace — ce ma (l’espace-temps) qui nourrira toute son œuvre.

En 1962, invitée par le marchand André Schoeller, elle s’installe à Paris. Elle y expose, s’intègre à un milieu cosmopolite proche de l’esprit de l’École de Paris et noue une relation décisive avec Man Ray, qui préfacera plus tard l’un de ses catalogues. Miyawaki part ensuite pour New York (1964–1966), présente une exposition personnelle à la Berta Schaefer Gallery, reçoit un Purchase Award lors de la Guggenheim International Sculpture Exhibition, puis rentre au Japon. Elle participe alors aux scènes expérimentales — notamment l’exposition From Space to Environment (1966) — et rencontre l’architecte Arata Isozaki, avec qui le dialogue entre art et architecture deviendra un fil conducteur.

À partir des années 1980, elle déploie pleinement Utsurohi (“changement rapide”, “transience”) : de fines lignes de fil d’acier inox tendues dans l’air, de véritables “dessins” que le vent et la lumière animent et transforment. Ces installations in situ jalonnent l’espace public — La Défense à Paris (1989), puis Barcelone au début des années 1990 — et affirment une sculpture entendue comme événement, sensible aux conditions du lieu et du temps. Partagée entre Tokyo, Milan, Paris et New York, Aiko Miyawaki demeure une figure indépendante et passerelle entre les avant-gardes européennes, américaines et japonaises. Elle s’éteint en 2014, laissant une œuvre qui continue d’inspirer les pratiques contextuelles et la pensée de la ligne et de la lumière.